Les généalogies de la Sagesse

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« Il nous incombe à présent d'expliciter le discours de l'éminent sage Apollonios [ Balînâs al-Hâkim ] pour les chercheurs en Sagesse [ Hikma ] concernant les fondements des enseignements initiatiques.

« Il est lui-même l'un des transmetteurs des enseignements de Socrate le pythagoricien, l'éminent sage, l'ascèse dont personne ne met en doute le haut enseignement spirituel, la science et la sagesse.

[ Pour le néo-platonicien, le Platon socratique est encore pythagorique. Pierre Lory parle des sources néo-pythagoriciennes du platonisme pythagorisant. ]

« Nombreux sont ceux qui s'accordent à le considérer comme un prophète [ à l'instar de Socrate, de Platon ou d'Aristote qui reste lui aussi platonique, socratique, pythagorique. ]

« A l'instar d'Apollonios, cet homme éminant [ Socrate ] se distingua en produisant les résultats des arts [ alchimiques ] bien établis relevant de la Sagesse et de la merveilleuse science des talismans [ qui doit être celle des figures géométriques. ]

« Il fit tant d'efforts qu'il pénétra dans le souterrain obscur [ du labyrinthe ] et parvint par celui-ci jusqu'au trésor d'Hermès le Majeur [ où Pythagore, Apollonios et Jâbir apparaissent comme les hypostases secondaires du Trismégiste ] ...

« ... celui que les Hébreux appellent Hénoch [ au Yémen ] fils de Jared, fils de Mahlâk, fils d'Enosh, fils de Seth, fils d'Adam ...

[ Le septième après le Adam dit Jude qui remonte avec Luc jusqu'à Dieu en y ajoutant Kaïnam le Cananéen ] – la paix soit sur lui ! [ cf. Jude I 14 & Luc III 37-38 ]

« Et [ Hermès ] est Idrîs le prophète : c'est le premier qui après Adam et Seth entretint les hommes des essences du monde angélique [ leurs Principautés ], des mouvements des astres et donna un ample communautaire de cela.

« Il est le premier à avoir bâti des temples où célébrer le service divin ; le premier à avoir fait des recherches en médecine [ où ses hypostases s'identifient au Bouddha de la médecine ou à Asclépios – Esculape – qui l'identifient à Mercure ou à Thôt. ]

« Il eut de vaste connaissances et laissa de nombreux livres concernant la haute métaphysique et les arts divins. Il a laissé aussi des odes en syriaque, en arabe [ ou ] en hébreux traitant des sciences terrestres et célestes. »

Cf. Henry Corbin – Commentaire du texte d'Apollonios par Jaldakî (1973)

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« Sans doute perçoit-on [ dans le Livre du Glorieux de Jâbir ] le sentiment même qui est au fond de la Gnose antique – ...

« ... celui qui salue comme l'étranger l'Envoyé du monde de la Lumière et plus précisément encore le sentiment de ces gnostiques séthiens [ qui avaient ] conscience de former une descendance radicalement différente des générations issues de Caïn et d'Abel, ...

« ... une aristocratie divine de spirituels que l'étincelle de Lumière qu'ils possèdent [ les rend ] étrangers à la condition de ce monde. »

[ Etrangeté que Corbin identifie à l'abolition de la Loi là où elle est pour nous sa condition même dans la transmission d'une révélation de la pure Lumière d'Adam à Seth et au Christ à travers la dramaturgie apostolique qui l'identifie à Abel.

Ni la généalogie de Luc ni celle de Jaldakî ne passe par cette dramaturgie pour l'identifier à la figure de Seth qui chez Jabîr devient celle de Salmân quand elle parvient au Sceau des prophète. ]

Cf. Henry Corbin – Postlude au Livre du Glorieux de Jâbir ibn Hayyân (1950)

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Le nombre des Imâms est vingt-quatre quand on considère le cycle imâmite qui va du Sceau des prophètes au Sceau de la sainteté générale qui recouvre une sainteté spécifiquement muhammadienne et une sainteté spécifiquement chrétienne.

Si l'on considère le cycle de cette sainteté générale qui s'étend jusqu'au Sceau de la sainteté muhammadienne en vue de l'avènement d'une sainteté parfaite, absolue et universelle, ils ne sont que seize car cette considération les maintient scellés sous l'occultation du douzième.

Huit d'entre eux sont en effet liés par le dévoilement de la dynastie fatimide qui n'appartient qu'à leur cycle spécifique tandis que le second des douze en renonçant à ce dévoilement les maintient sous le voile des fins qu'ils avaient en vue en s'occultant.

C'est cette occultation qui est tenue pour celle du douzième Imâm par l'imâmisme duodécimain et du septième par l'imâmisme septimain où le fils d'Ismaël est alors tenu pour le « Yatim » de son Mahdi quand il introduit son « Qa'im ».

L'imâmisme duodécimain maintient sa cause jusqu'à l'avènement du Mahdi quand il s'identifie au fils de Marie pour sa Parousie – raison pour laquelle on en compte alors seize en vertu d'une analogie entre les deux branches du tronc ja'farite qui n'en compte que six.

Les dix qui se répartissent sur les deux branches ismaélite et mosaïque lui tiennent alors lieu de « Yatim » en parfaite symbiose avec le dixième d'entre eux sur la première des deux branches – l'Imâm abdu'Llâh ar-Radî (+ 881).

   

    

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