La triade mazdéenne

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« 'A – M – S »

« 'AYN – MÎM – SÎN »

« 'ALΠ <  MUHAMMAD  <  SALMÂN »

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« Les traits historiques esquissant la figure de Salmân le Pur – Salmân Pâk – ou Salmân le Perse – Salmân Fârsî – sont inséparables de son archétype spirituel.

« Fils d'un chevalier perse – « iswâr » – de la province du Fârs – l'antique Perside – il est élevé dans le mazdéisme sous le nom de Rûzbeh Marzubân [ qu'il est difficile de ne pas rapprocher de celui de Rûzbehân Baqlî de Shîrâz (+ 606). ]

« Il devient chrétien après avoir écouté avec admiration soit la liturgie d'une église soit les exhortations d'un ermite dans une caverne.

« Il s'expatrie [ et ] va de ville en ville [ résidant ] auprès de maîtres en ascèse puis finalement – ayant entendu parler du Prophète et guidé par une vieille Isfahanienne – il va le trouver à La Mekke.

« Et lui – le jeune étranger – [ l'expatrié spirituel ] – devient l'intime et le compagnon du Prophète et des siens.

« Intimité sanctionnée par la célèbre parole : « Salmân est des nôtres – nous les membres de la Maison » [ du Prophète. ]

Cf. Henry Corbin – Le livre du Glorieux de Jâbir ibn Hayyân – Les trois hypostases dans la Gnose shi'ite [ et ] dans le Livre du Glorieux (1950)

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Nous avons vu que le nombre des Imâms du cycle imâmite (24) est celui des prophètes coraniques et celui des heures auxquels correspondent les anges du plérome mazdéen dont le nombre (24) est un multiple de six (4 x 6).

La répartition théorique de ces Imâms à travers leur cycle s'organise à partir du tronc ja'farite par celle des branches dans l'alternance des périodes d'occultation et de dévoilement : c'est donc à partir de celle qui s'est occulté qu'à lieu la reprise du dévoilement.

De ce point de vue qui est celui d'un califat fatimide, on doit considérer que le tronc ja'farite détenait dès l'origine ce principe d'alternance manifesté par le califat d'Alî et la renonciation d'al-Hasan dans le prolongement desquels aura lieu le martyr d'al-Hussein.

La Grande Occultation ou la Seconde du point de vue où nous nous situons commence en 260 de l'hégire avec celle du douzième imâm de la branche duodécimaine dans un ordre de grandeur qui est celui des prophètes puisqu'elle va durer mille ans (1844).

C'est cette occultation que les Fatimides et les Druzes vont rejoindre après le califat paradoxal d'al-Hakim dont Gérard de Nerval va se faire le chantre dans son Voyage en Orient (1851) et que la Convocation d'Alamut (1090) va tenter de conjurer avant l'arrivé des Mongols.

L'alchimie des lettres (28) chez Jâbir prend ici le pas sur celui des nombres (24) où l'ange Gabriel reste le grand absent de ce triptyque que Corbin se propose de commenter en variant l'ordre des initiales pour leur attribuer des partisans – « 'Aynîyya » et « Sînîyya ».

Il est probable qu'il n'ait reçu de Massignon qu'un enseignement Nûsayri qui s'identifie au troisième intermédiaire du onzième Imâm de l'imâmisme duodécimain où Salmân n'apparaît d'abord chez les 'Alides que comme l'ange de l'Imâm 'Alî.

Cette fonction angélique reviendra par la suite avec un quatrième intermédiaire au douzième Imâm – l'Imâm al-Mahdi – dont le prototype tutélaire dans l'histoire réelle des vingt-quatre Imâms est en réalité celle du second – l'Imâm al-Hasan ibn 'Alî.

L'écart entre le nombre des lettres et celui des anges – chaque ange ayant son prophète et chaque prophète son Imâm – apparaît dès lors comme celui des quatre qui apparaissent avec les archanges où l'ange de la Révélation – Gabriel – devient leur quatrième pilier.

C'est l'ange de la Jumu'a. Et pour ce qui concerne la position jabirienne que Corbin confronte aux deux autres, nous considérons que le « Mîm » muhammadien assume en réalité une double transmission au centre de cette configuration :

- celle de la Révélation coranique adressée à la communauté islamique

- celle de la Lumière de gloire que Salmân lui transmet et qu'il confie à son gendre

Cette double transmission s'apparente dès lors à la « Sirât al-Mustaquîm » qui est celle des bienfaits de Dieu que le Prophète confie à son Imâm et à Celle de la Louange qui revient à travers les cycles aux sceaux muhammadiens jusqu'à la Parousie du Christ.

Cette configuration qui est d'emblée donnée par le sens sinistrogyre des lettres n'est pas abordé par Corbin bien que la « 'Aynîyya » lui emprunte la position centrale de sa « Mîmîyya » mais en inversant le sens pourtant évident de la préséance du « Sîn » de Salmân.

   

    

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