En-deçà du miroir
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« C'est de [ la ] Balance des lettres que Jâbir fait particulièrement état dans le traité qu'il intitule le Livre du Glorieux [ « al-Mâjid » ] – traité qui si abstrus soit-il nous révèle au mieux le lien de sa doctrine alchimique avec la gnose ismaélienne ...
« ... et nous fait entrevoir peut-être [ d'après Krauss ] le secret de sa personne.
« Ce traité analyse longuement la valeur et le sens des trois lettres symboliques :
- « 'Ayn » symbolisant l'Imâm – 'Alî
- « Mîm » symbolisant le Prophète – Muhammad
- « Sîn » [ symbolisant ] le « Hojjat » – Salmân
« Selon l'ordre de préséance dans lequel on les range, on obtient l'ordre symbolique typifiant le shi'isme duodécimain (12) et l'ismaélisme fatimide (18) : « Mîm » – « 'Ayn » – « Sîn » (24)
« ... ou bien le proto-ismaélisme (6) et l'ismaélisme d'Alamût : « 'Ayn » – « Sîn » – « Mîm »
[ L'identification du proto-ismaélisme à l'ismaélisme réformé est ici très problématique. ]
« ... dans ce second cas, il y [ aurait ] préséance de Salmân – le « Hojjat » – sur le « Mîm ».
[ Une troisième possibilité nous est donnée d'emblée et il suffit de la retourner pour la voir telle qu'elle est en-deçà du miroir : « Sîn » – « Mîm » – « 'Ayn ». ]
« Cet ordre de préséance, Jâbir le [ motiverait ] par une application rigoureuse de la valeur que découvre la Balance des trois lettres en question. »
Cf. Henry Corbin – Histoire de la philosophie islamique des origines jusqu'à la mort d'Averroës – Philosophie et science de la nature – Jâbir ibn Hayyân et l'alchimie (1964)
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Dans l'ordre de préséance qu'il attribue à l'ismaélisme réformé et à ce qu'il théorise comme un ismaélisme pré-fâtimide, Corbin identifie Salmân – le « Hojjat » – à l'archange Gabriel en le plaçant au centre de leur triptyque : « 'Ayn » – « Sîn » – « Mîm ».
C'est évidemment le « Mîm » du Sceau des prophètes qui occupe le centre de ce triptyque dans l'ismaélisme originel et la préséance immanente du « Sîn » de Salmân est celle de l'archange Gabriel sur l'axe vertical d'une Révélation transcendante.
L'Imâm est par conséquent le récepteur privilégié de cette transmission de la Lumière immanente d'Ahura Mazda qui s'actualise dans le flux d'une Lumière transcendante transmise par le Sceau des prophètes aux croyants – le flux de l'Archange.
Et c'est Lumière sur Lumière – cf. S 24 V 35 : Dieu guide vers Sa lumière et propose des paraboles car Sa science est sans limite.
Cf. Henry Corbin – Op. Cit. – Le shi'isme et la philosophie prophétique – L'ismaélisme réformé d'Alamût – Imâmologie et philosophie de la résurrection (1964)

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