Les mystères de l'Amour

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« Au temps de ma jeunesse [ ... ] j'avais un shaykh qui était un homme de grande science mystique – un shaykh [ ... ] dont la figure restait ignoré du commun des gens.

« Une nuit je contemplais une vaste plaine dans les plaines du Mystère et voici que je vis Dieu ayant l'apparence de ce shaykh à l'avancée de de cette plaine.

« Je m'approchais de lui. Alors il me fit un signe [ en ] me montrant une autre plaine.

« Je m'avançai vers cette [ autre ] plaine et de nouveau je vis un shaykh pareil à lui et ce shaykh était encore [ pareil à ] Dieu.

« De nouveau, il me fit signe me montrant une autre plaine [ et ] ainsi de suite jusqu'à qu'il m'eût dévoilé soixante-dix mille plaines et chaque fois à l'avancée de cette plaine je voyais une figure semblable à celle que j'avais vue dans la première.

« Je me dis [ alors ] à moi-même : Dieu [ le ] Très Haut est pourtant unique – un – indivis, transcendant le nombre grand ou petit ainsi que les égaux, les contraires et les semblables.

« Alors il me fut dit : telles sont les théophanies des attributs éternels car ils sont sans limite.

« A cet instant je sentis sur moi l'emprise des réalités ésotériques du « tawhid » depuis la mer de la Magnificence. »

Cf. Henry Corbin – Rûzbehân Baqlî de Shîrâz (1958)

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Le nombre des plaines dans le monde du Mystère – soixante-dix mille – montre qu'il s'agit d'une réalité angélique et qu'elles ne sont en réalité que sept parce qu'elles s'étendent de la dyade à la décade ou de la dualité à l'unité qui nous révèle la réalité ineffable de l'Ipséité.

« 2 < 10 < 11 »

« Tu n'es pas un véritable unificateur avant [ de t'être oublié toi-même ] et tout ce ce qui est autre que [ Lui ] depuis le Trône [ soutenu par les quatre archanges de la décade ] jusqu'aux Pléiades » [ qui ne sont que sept dans l'univers des réalités stellaires. ]

« 4 + 7 » = « 5 + 6 »

L'Ambroise mellifère parle ici du quatrième degré de l'Amour – de l'amour de Soi pour Dieu qui n'advient qu'après l'oblation de l'amour de Dieu pour Dieu. Cette offrande s'accomplit dans le « Jabarût » que Corbin décrit comme le monde des Puissances et des des Noms divins.

Ailleurs, il le définit comme le monde de l'Intelligible en le différenciant du monde de l'âme – le « Malakût » – dans une représentation de la triade anthropologique du corps, de l'âme et de l'esprit qu'il prétend abolie en Occident depuis le neuvième siècle.

L'ange de l'âme céleste apparaît alors sous la forme d'une étoile ou d'un oiseau à la base d'une hiérarchie supérieure où il s'identifie à la dixième intelligence des intelligibles théorisés par le néo-platonisme que leurs conjonctions réduit en réalité aux cinq de la quintessence.

L'historiographie du poverello d'Assise démontre que la représentation de cette anthropologie trinitaire n'a pas été tout à fait perdue à l'ouest de l'Orient mais seulement subjuguée là comme ailleurs par des puissances éphémères.

   

    

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