Le septième ange

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« – Yahel – Anaphiel – Séraphiel – Uriel – Michaël – Gabriel – Raphaël – »

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Corbin mentionne la troisième lettre du tétragramme avec une voyelle pour l'ange du Seigneur qui apparaît dès lors sous la forme du trigramme « Y.H.W » dont nous n'indiquons que les deux premières lettres avec le nombre (15) du « Livre de Ja'fr » : « Y.H ».

Corbin ne mentionne pas Raphaël dont la parenté avec le Séraphin chérubinique semble évidente dans ce septénaire mais seulement un « etc. » qui indique peut-être un embarras pour l'ange du Sabbat parfois appelé « Satanaël » ou ange de la Mort – Azraël.

Ce nom satanique ne fait en réalité qu'indiquer le centre intime du Sanatana dharmique et tient avec le septième jour la place de Saturne pour la saturnale sigillaire du jour dominical qui lui succède que le Sheykh al-Akbar consacre à « Abba Ra-Amon » avec Abraham.

Uriel occupe avec le pôle de la Lumière du « yawm an-Nûr » une position centrale sur le versant lumineux de la Semaine à l'antipode de la lumière sombre du jour sabbatique et Yahel la position initiale du « yawm al-'Ahad » – le premier et l'octave quand elle revient.

L'ange de la Révélation – Gabriel – que Corbin met en rapport avec l'Esprit Saint occupe par conséquent le « yawm al-Jumu'a » qui correspond au Rassemblement du sixième jour de la Semaine qui précède le jour sabbatique – etc.

C'est une représentation archaïque du plérome de la Semaine qui organise le mois sidéral de vingt-huit jours où un monogramme trilitère évoque en grec les trois jours de la Semaine sainte de l'agonie du Mercredi au jour du Sabat :

« [ La nécessité de l'angéologie ] nous apparaît encore en cette Syrie dont Damascius (+ 544) était originaire dans la fréquence du sigle typique : « X.M.Г ».

« L'explication la plus plausible y voit les initiales de Christos, [ de ] Michaël [ et de ] Gabriel.» 

Cf. Henry Corbin – [ de la ] Nécessité de l'angélologie [ et ] l'angélologie néoplatonicienne de Proclus (1977)

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« Le philosophe byzantin Gémiste Pléthon associera [ au quinzième siècle ] les noms de Platon et de Zoroastre et mettra sous le nom de [ ce dernier ] ces oracles chaldaïques qui avaient été le Livre saint amplement commenté par les derniers néoplatoniciens.

« Cette conjonction [ ... ] le philosophe iranien Sohravardî l'avait déjà réalisée au douzième siècle en se référant à des données zoroastriennes authentiques.

« La vision qui l'avait arraché à sa quiétude philosophique était une vision de cette Lumière de Gloire que l'Avesta désigne sous le nom de « Xvarnah » [ qui auréole encore nos saints ] et qui pour Sohravardî était la source du charisme des prophètes ...

« ... identique à la Lumière muhammadienne de la théosophie islamique.

« Il opérait ainsi la conjonction de l'ancien prophétisme iranien avec le prophétisme sémitique de la [ Sainte ] Bible et du [ Noble ] Coran et [ ce faisant ] de l'angéologie zoroastrienne avec l'angéologie biblique et néo-platonicienne.

« Par lui comme par Gémiste Pléthon sont intégrés à la communauté des « Ahl al-Kitâb » [ et des « Ahl al-Haqq » ] les sages « khosrovâniyân » de l'ancienne Perse et les « prophètes grecs » [ de la philosophie pythique. ]

[ La sagesse pythagorique est pour ainsi dire absente de la généalogie néo-platonicienne de Corbin qui commence avec Porphyre (+ 305) et Proclus (+ 485) à partir de Plotin (+ 270).

Les « Ahl al-Haqq » désignent les Gnostiques et les « Ahl al-Kitâb » les Gens du Livre mentionnés dans le Noble Coran qui ne mentionne ni les uns ni les autres mais bien les nazaréens et les sabéens pour les syriaques et les yéménites.

Mais les origines gnostique et mazdéenne des nazaréens ne font pour nous aucun doute. ]

Cf. Henry Corbin – Nécessité de l'angélologie – L'archange Gabriel : Esprit Saint et Ange de l'Humanité (1977)

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Les trois ordres de la hiérarchie divine chez Proclus qui rappelle celle des ordres dionysiaques de l'aréopagite sont :

1. L'Unique qui est la première des divinités transcendantes

2. Les intelligibles et les intelligences qualifiées d'intellectives

3. Les divinités immanentes cosmiques ou universelles avec les anges et les déités

Ces ordres sont organisés chez l'aréopagite en triades dont la plus accessible est celle des anges, des archanges et des principautés qui organisent les cycles cosmiques.

Les séraphins et les chérubins y correspondent avec les trônes aux divinités transcendantes.

La communauté ecclésiale est organisée sous la tiare pontificale pour les consacrés, les ordonnés et les confirmés qui complètent les douze cieux de l'assomption mariale.

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Edouard Brasey (2010) qui organise les hiérarchies angéliques sur celles de l'aréopagite arrive à un autre résultat mais Uriel reste au centre du plérôme avec les puissances et on retrouve Michaël et Gabriel en bas de la hiérarchie avec les anges et les archanges.

Raphaël s'y trouve par conséquent avec les vertus juste en dessous des puissances et c'est la dernière coïncidence avec ce que nous proposons ici.

Il existe néanmoins un ange « Yelaiah » (44) assigné à partir du 29 octobre – donc à partir de la veille au soir du 28 – que Brasey qualifie de « Dieu éternel » et qui pourrait correspondre à l'ange dominical du Seigneur – « Yahel » ou « Yaël ».

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L'angéologie archangélique de la Philoxénie d'Abraham introduit une triade où Raphaël devient congruent avec le thème de la Passion du Christ si on se focalise sur celui qui n'y est pas : Uriel qui se trouve avec l'agneau devant le Trône de la Merkaba.

Les variantes énochiennes introduisent Phanuel à la place d'Uriel qu'on ne retrouve pas chez Brasey tandis que Michaël à la droite du Trône ou au centre de l'icône s'identifie au Metatron que Brasey identifie avec les séraphins au sommet de la hiérarchie.

Mais celui qui est sur le Trône – Metatron – ne peut pas se trouver sur sa droite ni présider la milice des archanges et se trouve en réalité comme un invariant au centre du plérôme et dans la coupe de l'offrande sacrificielle qui leur est offerte par Abraham.

La théosophie islamique introduit Séraphiel en l'identifiant à l'esprit de la Réalité muhammadienne et Azraël qui soutient le Trône avec cet Esprit et avec les deux autres archanges – Mikaël et Gabriel.

Mais cet Esprit séraphique qui est celui du Sceau des prophètes n'est qu'une variante hypostatique de Raphaël qui tient la place d'Azraël quand il s'identifie à la Passion du Christ et celle d'Uriel ou de Phanuel quand il est sur le Trône du Metatron.

Corbin exprime le même embarras quand il dénombre les huit supports du Trône en connectant son angéologie à sa prophétologie : Adam avec Séraphiel + Abraham avec Mikaël + Muhammad avec Gabriel.

Azraël n'y est pas apparenté mais il est vraisemblable que c'est Raphaël qui doit être apparenté à Jésus et Séraphiel à l'esprit du Christ quand il s'identifie au royaume de David tandis qu'Adam serait plutôt apparenté avec Anaphiel.

Le compte n'y était pas et à présent il excède dès lors qu'on y introduit un cinquième prophète qui opère le dédoublement d'une théologie syriaque qui sépare ce qu'une théologie monophysite pourrait vouloir confondre.

Cette confusion reste plutôt théorique dans les disputes de la théologie orientale mais son dédoublement serait au contraire l'ombre portée par cette angéologie primitive que Corbin identifie au néoplatonisme sur la théologie orthodoxe – l'Aigle et l'Ange.

Puis la rupture paradigmatique de la scolastique aristotélicienne a effacé les traces de cette ombre qui persistait dans les parures liturgiques de l'ambre.

Cf. Henry Corbin – Nécessité de l'angélologie – La triade [ et ] la tétrade archangéliques (1977)

   

    

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