Le supplice de Tantale

...

« Il n'est pas banal de souligner qu'un passage du troisième évangile est une transcription parfaite d'un mythe spécifiquement grec.

« Dans l'évangile de Luc, Lazare est un pauvre malheureux tout couvert d'ulcères qui vivait sous le porche d'un riche Hébreux qui le dédaignait.

« Après leur mort, Lazare monta au Paradis mais pas le riche – cf. Luc XVI 19 à 31.

« Le châtiment du riche Hébreux ressemble étrangement au supplice de Tantale – le riche qui fut condamné par Zeus à une soit inextinguible.

« Nous trouvons là un amalgame des deux mythologies [ qui dès lors n'en dont qu'une. ]

« Pour le côté grec : l'expression « le séjour des morts » et en filigrane le supplice de Tantale. 

« Pour le côté judaïque : l'intervention d'Abraham, le père de la nation juive.

« Luc est le seul des quatre évangélistes à raconter cette parabole.

« Ce passage serait impossible chez Marc ou Matthieu [ que Soler qualifie d'évangélistes hébreux ] mais l'auteur qui avait été imprégné dans sa jeunesse de sa culture ancestrale n'a pu s'en départir complètement.

« Ainsi un texte canonique chrétien est empreint de mythologie grecque !

[ Comme dans les Satires d'Horace ] la soif [ inassouvie de l'argent ] sur terre comme aux enfers – réelle ou imaginée – est le châtiment des riches sans scrupule. »

Cf. Georges Soler  Les métamorphoses de Bacchus ou l'essor du christianisme hellénistique dès le début de l'évolution des évangiles synoptiques (2017)

Soler ne semble pas s'apercevoir que ce qui connote les évangiles n'est pas leurs identités mais les publics auxquels s'adressent leurs prédications – la connotation hébraïque de Matthieu étant sans doute plus large que la connotation juive de Marc.

Luc s'adresse en effet à un public hellénisé qui l'éloigne de la connotation araméenne qui rassemble les deux premiers – l'hébreux n'étant en définitif qu'un dialecte de l'araméen.

Autrement dit : le public de Luc est aussi spécifique que celui de Marc par rapport à l'audience générale à laquelle s'adresse d'abord Matthieu tout en lui accordant déjà cette spécificité hébraïque qui en fait une prédication plus israélite que spécifiquement juive.

Pour la théorie des ensembles, nous disons que la vulgate araméenne comprend une spécificité hébraïque qui véhicule la religion israélite où se situe la culture juive – la culture hellénique restant cet élément exogène qui s'est introduit dans cet ensemble.

« En ce qui concerne la naissance de Jésus, Luc en tant qu'érudit grec a voulu être précis pour bien encrer cette description dans l'histoire de la Palestine.

« Pour que les Grecs ne soient pas dépaysés dans le récit de la conception divine de Jésus, la mythologie grecque lui a fourni une panoplie complète et variée de fécondations miraculeuses des six locataires de l'Olympe sur des mortelles séduites par ces dieux.

« Sans parler des procréations sans contact entre les couples divins. [ Zeus par exemple est particulièrement prolifique avec les dix enfants de leurs six ou sept mères dont Dionysos et Alexandre le Grand restent les plus impliqués dans l'historiographie de nos religions. ]

« Il en est de même pour les naissances divines contrariées avec accouchement dans des lieux misérables [ en particulier celui de Sémélé pour le mythe dionysiaque. ]

« Il n'est qu'à rappeler celle d'Apollon [ le pendant grec d'Horus ] après l'errance de sa mère – fille d'un Titan – puis sa délivrance sur un rocher désolé de la mer Egée [ que l'on situe aussi dans une région plus septentrionale ] devenue depuis l'île de Délos. »

[ On lui associe alors Artémis comme figure mariale qui convoque celles du Christ et d'al-Khidr près du rocher – S 18 V 63 – quand il vient en aide à Moïse – ce qui n'est pas sans rappeler la figure d'Isis près d'Osiris né avec Dionysos de la cuisse de Zeus ou de saint Roch. ]

Cf. Georges Soler  Op. Cit. Ibidem et « Jean contre Luc » pour la suite (2017)

« Quatre Rabbins sont entrés au Paradis : ben Azzaï en est mort ; ben Zoma est devenu fou ; ben Abouya a renié sa foi ; seul Aqiba [ en ] est sorti sain et sauf comme il [ y ] était entré. »

Cette tradition talmudique indique la fin d'un cycle de six cents ans introduit par Esdras dont il manquerait six ans qui doivent être assumés par son Messie avant 2030 – ce Messie n'étant à sa façon qu'un aspect de la Parousie du Christ.

« Pierre, Jean [ l'Ancien ] et Jacques [ le Mineur ] passaient [ aux yeux de Paul ] pour les colonnes de l'Eglise » tandis que Tertulien d'après Soler qui identifie Jacques aux Ebionites identifie l'auteur de l'Apocalypse à l'apôtre Jean  le fils de Zébédée.

Les colonnes de l'Eglise ne doivent donc pas être confondues avec ce dernier ou avec son frère  Jacques de Zébédée qu'on qualifie aussi de Majeur – qui furent parmi les quatre premiers apôtres du Christ avec Pierre et André.

« Mineur » doit venir de « minime » et désigne en hébreux un juif hétérodoxe ou un hérétique – ce qui signifie paradoxalement qu'on le définit encore par rapport à un cercle dont il est exclu en raison de positions trop excentrées.

Les Ebionites ne sont pas pour autant les Nazaréens que le Talmud qualifie plus généralement de minimes et que l'islamologie identifie à l'Evangile de Matthieu d'une façon singulière – leur pauvreté ne peut dès lors se référer qu'au baptisme mandéen des cananéens.

Jacques le Mineur n'est probablement que la colonne des Nazaréens qui ne sont pas de Nazareth mais les disciples d'un Nazir qui n'est alors que le premier des deux témoins qui apparaissent avec le petit livre de l'Apocalypse dans le prophétisme johannique.

Il est néanmoins vraisemblable que l'épître aux Hébreux se soit ensuite adressé à eux d'une façon plus générale sans faire de distinction entre les deux factions.

Des colonnes nous n'avons que six épitres qualifiées de catholiques si l'on considère que celle de Jude fait suite à celle de Jacques qui fut l'un des protomartyrs avec Etienne  Pierre et Jean en ont chacun deux avec les fragments des Stromates de Clément d'Alexandrie.

La septième est celle du Théologien qui écrit le quatrième évangile à partir du petit livre que l'Apocalypse de Jean et le Pasteur d'Hermas signalent – l'auteur s'identifiant alors à Lazare et le petit livre aux derniers chapitres de la révélation qui lui correspond.

« Vu les différences d'approches entre l'Evangile [ du corpus johannique ] et l'Apocalypse, il est bien peu probable que les deux textes soient du même auteur. »

On peut en dire autant de la première épitre johannique et des deux suivantes qui sont de Jean l'Ancien.

Par contre les similitudes sont assez vraisemblables entre ce dernier et l'évangile de Marc alors que certains motifs symboliques relient de toute évidence le onzième chapitre de l'Apocalypse à la généalogie du Christ chez Matthieu – (42 x 30) où (3 x 14) = 1.260.

De même le style de la première épitre johannique et celui du Prologue de saint Jean sont pour ainsi dire identiques.

Cf. Georges Soler Op. Cit. – L'évangile selon saint Jean (2017)

    

    

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