Réalité arithmétique et téléologie apophatique

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Nous restons sur le diagramme des Miroirs de Haydar Âmolî que nous ne pouvons malheureusement pas reproduire mais qui se trouve dans la retranscription de la conférence que Corbin à consacré au Paradoxe du Monothéisme en juin 1976.

Henry Corbin présente Haydar Âmolî comme l'un des commentateurs les plus remarquables du Sheykh al-Akbar mais il caractérise son commentaire en le qualifiant de critique pour le situer dans les ruptures paradigmatiques du shi'isme qu'il précède de deux siècles.

Cet aspect de la recension ethnographique opérée par Corbin ne doit donc pas nous détourner de ce qui s'y trouve et qui correspond du point de vue des nombres à ce que nous décrivons pour la fiscalité de notre changement de paradigme monétaire.

On n'y trouve en effet trois niveaux de réalité dont la réalité intermédiaire – celle de la diversité des espèces ou de la multiplicité des miroirs – peut varier en fonction des contextes où on la situe mais qui nous présente ici sa réalité arithmétique la plus immédiate :

- au centre du diagramme se trouve la flamme de l'unicité que Corbin identifie à un monothéisme exclusif et iconoclaste quand il se limite à la contrainte que l'ipséité exerce dans le monde de sa réalité apophatique.

- à la périphérie du diagramme se trouve les quatre flames de l'unité que Corbin élude dans la description métaphysique de son théomonisme inclusif mais qui correspond dans le monde des présences aux quatre éléments de la décade dans sa triangulation.

C'est donc par conséquent dans l'unité que se trouve la diversité des multiples et dans la diversité des multiples que se trouve l'unicité autours de laquelle s'organise cette multiplicité qui apparaît comme une réalité intermédiaire entre ces deux figures de l'absolu : (0) et (1).

(1) est ici la figure de l'unique et (0) celui du décan où (°) est le degré dans son unité qui oppose au nihilisme des mathématiques analytiques sa théologie apophatique.

Le nombre des degrés varie par conséquent en fonction du système de référence :

- dans les diagrammes que Haydar Âmolî consacre aux religions ce nombre est « 72 » qui correspond à celui des phases (72) qui subdivisent les secondes en pâmes (36) rythmées par des syncopes (36)

- dans les ruptures paradigmatiques de l'imâmisme duodécimain c'est la douzaine qui correspond aux maisons zodiacales et aux mois des lunaisons dans la géographie synodique du paysage astral de la sphère sublunaire

Le thème des quatorze immaculés et des quatre « ahl al-Bayt » qui sont sous le manteau du Prophète ramène néanmoins ce plérôme vers la décade où ils occupent le centre et la périphérie du schéma initiale – Fatima Zohra apparaissant comme le pôle de la Maison.

Si Fatima Zohra est le pôle de la Maison du Prophète alors celui qui déploie son manteau sur eux est le centre apophatique de la prophétie qui les guide à travers son « tawhid » qui est celui que le « tawhid » coranique attribue à l'ange de la révélation.

Ces médiations – celles de l'ange et de son prophète – on ensuite été effacé du Livre pour faire place à un pure monothéisme  celui de l'Ikhlâs (112) – dont rendent compte à travers l'historiographie imâmite les imâms et leurs successeurs.

Le Point du Bayan a voulu renouveler ce déploiement du plérôme à son degré le plus bas qui est celui du Vivant où le nombre des degrés correspondant à son Nom est « 19 » si on inclus parmi eux le centre de leur sphère qui est le « Alif » (1) des lettres « Hâ » (8) et « Yâ » (10).

Cette inclusion semble en effet comprise dans le nombre des miroirs (21) et correspond dans notre paradigme monétaire à la tranche fiscale qui sert de limite à l'ensemble puisqu'elle exclus toute enrichissement supplémentaire  100 %  d'imposition à partir d'un seuil à 0 %.

Ce qui n'est pas le cas quand le nombre des tranches correspond à la décade (10) et que la limite (1) se situe sur la onzième tranche  c'est à au-delà de la triangulation du nombre « 4 » qui sert de base à celle du nombre « 6 » en doublant l'écart de sa moyenne (5,5 < 11).

L'écart de la moyenne est par ailleurs dans ce cas une expression décimale de la triangulation du nombre « 10 » où le Point du Bayan justifie sa propre élaboration par l'ajout des quatre aux quatorze immaculées sans préciser la nature intrinsèque de ce quaternaire.

La part que nous faisons correspondre à la dîme dans cet ensemble reste dans les deux cas celle qui correspond à la première tranche puisqu'elle échappe à l'imposition quand elle s'accomplit sur 0 % à partir d'un seuil à 100 %.

Pour être tout à fait clair précisons que dans le cas des théophanies multiples les degrés (°) du décan (0) comme les éons des plérômes gnostiques ne sont pas hiérarchisés mais solidaires entre eux  ce qui n'est pas le cas des tranches de nos modèles fiscaux.

Quand nous hiérarchisons les degrés nous leur donnons toujours une définition anthropologique  celle du corps, de l'âme et de l'esprit – qui correspond avec ces modèles du point de vue de leur centre ineffable et spirituel.

   

    

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