Les myriades angéliques
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« Jésus révèle aux disciples [ dans le Livre copte de l'Intronisation de l'archange Gabriel qui daterait de la fin du sixième siècle de l'ère chrétienne ] le secret des douze anges qui sont préposés aux douze heures du jour ...
« .. et celui des douze anges qui sont préposés aux douze heures de la nuit.
« Et voici que les anges du jour se présentent eux même en apparitions somptueuses – chacun portant une symbolique ceinture d'or.
« Mais ces anges sont-ils les seuls ? C'est alors une multitude d'anges qui font leur apparition sur le mont des Oliviers.
« A leur tête vient Gabriel [ leur disant ] : « Je suis le messager des éons de Lumière – celui que le Père a intronisé sur 240.000 anges. »
Cf. Henry Corbin – Nécessité de l'angélologie – Le mystère liturgique (1977)
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Vingt-quatre est ici le nombre des heures du jour et de la nuit mais aussi celui des prophètes ou des avataras et la myriade (10.000) caractérise leur rang par rapport à celui de la Centurie d'or (100.000) qui est celle de Dieu dont ils sont ceints.
Celui des prophètes de l'Islam leur est inférieur puisqu'ils ne sont que 124.000 dans le rang des milléniums (1.000) toujours « ceinturé » de la même façon par la Centurie d'or.
Nous pouvons en déduire que celui des imams contrairement à ce que rapporte Corbin en les plaçant au-dessus des anges est celui des centaines (100) qui correspondent à la plénitude des quatre âges de la vie humaine (10 + 40 + 30 + 20).
Leur nombre (12) dans l'imâmologie duodécimale délivre alors un message eschatologique en rapport avec l'avènement du Sceau des saints muhammadiens et celui des milléniums avec l'adventisme des « bayânîs ».
Ce qui expliquerait aussi l'introduction dans le salafisme par Suyûtî (+ 1505) de la même norme séculaire après l'inquiétude de Ghazâlî (+ 1111) qui avait mit un terme à sa carrière académique vers l'an 500 de l'hégire pour produire une revivification des sciences religieuses.
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« Nous avons en France sur la côte normande un des plus célèbres sanctuaires [ dédié au culte de l'archange Michaël ] construit par l'évêque d'Avranches – saint Aubert (+ 725) – à la suite de l'ordre répété par l'archange en plusieurs visions.
« Ce sanctuaire a sa réplique sur la côte des Cornouailles. Chose remarquable : on peut joindre par une ligne droite l'emplacement de ces deux sanctuaires avec celui – célèbre entre tous – du Monte Gargano en Italie du Sud-Est dans les Pouilles. »
Cette « ligne droite » forme un trait de lumière qui descend jusqu'au mont Carmel qui délimitait la Galilée et la Phénicie au Nord de la Samarie en parcourant dit-on six ou sept sanctuaires dédiés à l'archange irlandais.
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« [ Pour ] les Elkésaïtes [ dans la gnose des Ebionites ] le Christ apparaît comme un ange [ ... ] de sexe masculin [ ... ] qui est accompagné d'un ange de sexe féminin [ identifié à ] l'Esprit Saint – « ruah » [ étant ] féminin en [ araméen. ]
[ Cette complémentarité du genre était déjà le propre du plérome mazdéen. ]
« [ Pour ] les Valentiniens le Christ est un ange du plérôme [ que la Sagesse grecque identifie à ] Gabriel [ et ] le Pasteur d'Hermas [ à ] Michaël [ pour les nazaréens.
Pour les Pères apostoliques du judéo-christianisme, cet ange s'identifierait plutôt à Yaël – l'ange du Tétragramme qui tend à devenir le Père d'une royauté céleste où le Fils a pu s'identifier à Raphaël en occupant la place d'Uriel au centre du plérôme.
Les prophètes qui leurs correspondent dans les oraisons akbariennes sont alors :
Hénoch (Y) – Jésus (X) – Moïse (M) – Joseph (G) – Abraham (R)
Mais d'autres correspondances peuvent apparaître : Elie à la place de Moïse sous la présence tutélaire de Mikaël ou Muhammad à la place de Joseph sous celle de Gabriel – Adam et David venant compléter le plérome des sept sous des instances séraphique et chérubinique.
Les judéo-chrétiens du Roman pseudo-clémentin semble ignorer Adam, David et bien sûr Muhammad mais insèrent Noé, Isaac et Jacob en plaçant Abraham comme le premier des trois patriarches qui repoussent Jésus vers la fin du plérôme à la suite de Moïse.
Jésus reste ici le Véritable esprit du Christ tandis que Moïse et Abraham occupent toujours les instances du Fils et du Père d'une Trinité primitive qui n'a pas encore été investie par la dogmatique des Pères de l'église byzantine.
Le Père correspond alors à un septième ange qui les rassemble plutôt qu'au premier quand Il s'identifie à Yaël ou au quatrième archange si on les compte à partir d'un centre – ce qui tendrait alors vers la théologie monarchique de l'arianisme.
Corbin cite à propos cette transition autour du Vrai Prophète pseudo-clémentin l'Evangile des Nazaréens comme source d'une christologie adoptianiste typiquement ébionite mais en identifiant cette étape intermédiaire à l'Eglise judéo-chrétienne de Jérusalem.
Il ne s'agit d'ailleurs pas dans l'état de nos connaissances d'un évangile apocryphe de la tradition gnostique mais bien du premier d'entre eux – celui de Matthieu que le canon tient sous l'effigie d'un ange qui ignore encore ceux qui vont le suivre dans la tradition synoptique. ]
Cf. Henry Corbin – Nécessité de l'angélologie – Christos Angelos (1977) – Nous édulcorons les néologismes savants qui émaillent le texte.
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Nous ne pouvons donner raison à Corbin quand il fait du Thabor une « montagne psycho-cosmique » dès lors que ce qui se joue sur l'Hermon à travers la Transfiguration engage dans ce déplacement géographique la rupture apostolique originelle du christianisme.
De même, on ne serait voir dans la dogmatique orthodoxe des premiers conciles œcuméniques le « triomphe » paradoxal du « monophysisme » par un excès de dialectique pour laquelle Corbin va chercher son appui chez Nicolas Berdiaev (+ 1948).
Berdiaev n'est pas pour autant dépourvu de discernement quand il fait de l'union hypostatique des deux natures la cause d'une divinisation excessive du Christ qui estompe en définitive contre son principe l'humanité du prophète en divinisant son inspiration angélique :
« Les métamorphoses des théophanies ont leurs causes dans les miroirs qui les reçoivent. Ainsi l'ange de la Révélation apparaît à Hermas comme un pasteur » – en l'occurrence sous l'aspect d'un jouvenceau qui l'identifie au Christ.
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