Le Vrai Prophète et le Saoshyant

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« La doctrine caractéristique du tout premier christianisme – celui de la communauté de Jérusalem [ et ] de l'Eglise de Jacques [ le minime ] – ce fut la prophétologie culminant dans le motif [ du ] Vrai Prophète qui de prophète en prophète se hâte vers le lieu de son repos.

« Ce n'est pas ce christianisme primitif qui a survécu dans le christianisme officiel de l'Histoire.

« Son destin fut scellé par le triomphe du paulinisme que le judéo-christianisme considérait comme le grand adversaire dénaturant l'enseignement même du Christ dont les témoins se trouvaient encore pourtant dans les rangs de la communauté initiale de Jérusalem.

« Le principal monument qui nous en reste est la littérature dite clémentine » [ à laquelle Corbin ajoute l'Evangile de Barnabé qu'il oppose aux pauliniens en le rapatriant en Islam. ]

Cf. Henry Corbin La prophétologie shi'ite duodécimaine [ de ] L'imâm caché  Le Verus Propheta (1975)

Le judéo-christianisme de l'évangile de Marc tel qu'il s'exprime dans la première épître de Pierre et dans celles de Jacques (1) et de Jean l'Ancien (2) n'est évidemment pas le christianisme primitif du tout premier christianisme.

Il n'est pas la gnose syro-phénicienne des tout premiers disciples cananéens dont ne savons presque rien, ni l'ébionisme mandéen des disciples du Baptiste qui côtoient ce genre de mazdéens, ni les nazaréens de Samarie auxquels on adresse l'Evangile de Matthieu.

Mais c'est bien avec les judéo-chrétiens que Paul entretient des rapports cordiaux quand il rencontre les trois colonnes de l'Eglise à Jérusalem que sont Jacques, Pierre et Jean  l'Ancien – c'est-à-dire Marc qu'on retrouve à Babylone avec le Prince des apôtres.

La littérature clémentine qu'on attribue au successeur de Pierre – le pontificat de Clément est daté de la fin du premier siècle – date de la première moitié du second et celle de Barnabé qui fut un disciple de Paul particulièrement proche des apôtres de la seconde moitié du septième.

Autrement dit Corbin amalgame entre ces deux dates pour les besoins de sa thèse les cinq siècles qu'il accorde ensuite à la « religion officielle » de Perse qui n'en compte « bientôt » que quatre en janvier 1975 quand il tient ces propos à Téhéran.

Ce n'est qu'avec la révélation de l'Apocalypse de l'apôtre Jean qu'un rappel à l'ordre s'adresse aux communautés pauliniennes d'Asie mineure tandis que le nouvel évangile du Théologien qui reprend son nom leur signifie symboliquement leur ralliement.

La scission s'il convient d'en signifier l'action avant Marcion se fait en amont autours de ces nazaréens conspués par le Talmud de Babylone qu'on retrouve ensuite en Islam dans la nomenclature coranique de leurs origines chrétiennes.

L'évangile de Barnabé ne vient alors que pour lever des contradictions qui vont se cristalliser plus tard autour du dogme de la patristique conciliaire entre les prophéties angéliques des gnoses néo-platoniciennes et la théologie trinitaire de l'orthodoxie catholique.

Selon Corbin, Haydar Âmolî (+ 1385) aurait identifier le douzième Imâm au Paraclet johannite et trois siècle plus tard Qutb'ud-Dîn Askkevârî  un disciple du fondateur de l'école Ispahan – l'identifie au Sauveur zoroastrien – le Saoshyant.

Ce n'est pas une contradiction si on les identifie l'un à l'autre contrairement à ceux qui identifie pas le premier au Sceau des prophètes et le second à Mani le Vivant – mais Corbin nous dit que certains gnostiques identifiait déjà Mani au Paraclet johannite.

Pour notre part nous identifions le douzième Imâm à l'Imâm du Tawhid – le Sheykh al-Akbar – tout en donnant au nombre des imâms duodécimains un même nombre de siècles – ce qui l'identifie alors au Qutb al-Maktum dans le maqâm du Sceau des saints muhammadiens.

Au-delà ce cette échéance et de celle du Qutb az-Zamâm qui marque la fin du cycle adamantin dans les pas de Seth vers 1920, il ne reste que la Parousie du Christ qui s'identifie à sa demeure paradisiaque dans son aboutissement eschatologique.

Cet aboutissement est celle du combat entre la Lumière et les ténèbres qui correspond en effet à la perspective sotériologique du mazdéisme tandis que le Paraclet qui annonçait l'Esprit Saint est aussi celui du témoin de la Vérité par la Vérité – « al-Haqq bi al-Haqq ! »

Ce témoignage muhammadien au témoignage de la pneumatologie chrétienne est enfin celui du Point du Bayan dans son témoignage à l'esprit manichéen du Vivant mille ans après l'occultation de l'Imâm (260) qui témoigne d'une sainteté spécifiquement muhammadienne.

Les shi'ites dudécimains ont leur propre généalogie hebdomadaire dans laquelle ils introduisent le Nouvel Adam des Ebionites et Muhammad par rapport à celle des judéo-chrétiens au détriment d'Hénoch et des derniers patriarches du judaïsme – Isaac et Jacob.

Cette perspective dans le renouvellement cyclique des mandéens y introduit également David et laisse entrevoir la décade apparue parmi les huit porteurs du Trône quand l'ange Azraël et son prophète manquaient à l'appel de Yaël :

Adam – Hénoch – Noé – Abraham – Isaac – Jacob – Moïse  David – Jésus – Muhammad

La généalogie manichéenne y introduit l'absent et les intrus qu'on n'oserait pas y mettre :

Adam – Seth – Noé – Jésus – Shakyamuni – Zoroastre – Mani

Jésus garde ici le caractère central qui est celui de l'archange Uriel malgré l'anachronisme d'une telle succession qui témoigne en réalité d'un double manichéisme :

- le manichéisme occidental qui s'inscrit dans la gnose séthienne du christianisme

- le manichéisme orientale dont le bouddhisme s'inscrit dans son origine mazdéenne

Ceux qui savent compter et qui auront l'audace de ce syncrétisme constateront qu'ils sont quatorze comme les quatorze immaculés de l'imâmisme duodécimain qui ajoute aux douze imâms le Sceau des prophètes et Fatima Zohra – le Pôle des « ahl al-Bayt ».

Le Sheykh al-Akbar inspiré par l'esprit du Sceau des prophètes va se livrer à une exégèse strictement coranique qui va doubler le nombre des sagesses (27) autour de ce nombre (14) en y introduisant Seth (2), Khâlid (26) et la décade que nous proposons.

La place qu'Esdras – 'Uzayr – prend alors au centre de ce plérôme reste une énigme qui nous échappe mais qui n'est pas sans rappeler celle de Hûd (10) parmi l'Assemblée des prophètes qui se manifeste à l'Imâm du Tawhid quand il accède à son tropisme muhammadien.

   

    

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