Le quatrième archange

...

« C'est au retour de leur voyage en Iran [ ... ] que l'archange Raphaël révèle son secret au jeune Tobie dont il fut le guide : ...

« Je suis l'ange Raphaël – l'un des sept qui se tiennent devant [ le Trône ] du Seigneur. »

[ cf. Tobie XII 15 où l'ange semble être le chien des dormants de la sourate « al-Kahf » (18) où l'exégèse évoqué par Jean Robin (1978) à propos d'un nombre de religions semble plutôt porter sur celui des anges que Guénon (1937) identifie aux planètes et aux luminaires. ]

« Les sept sont d'autre part nommés dans la tradition des Palais célestes – « Hekhalot » – [ où les archanges officient devant le Voile du Temple. ]

« Les noms des sept archanges qui veillent [ sur le Trône dans le premier livre d'Hénoch (20) sont :  ]

1 - Uriel : archange du monde et du tartare

2 - Raphaël : celui des âmes [ humaines ]

3 - Raguël : qui tire vengeance du monde [ sublunaire ]

4 - Mikaël : préposé aux meilleurs des hommes [ dans la demeure paradisiaque ]

5 - Saraqiel : préposé aux esprits des enfants [ de la demeure infernale ]

6 - Gabriel : préposé aux dragons et aux chérubins [ dans la demeure paradisiaque ]

7 - Remiel ou Jeremiel : que Dieu à préposé aux ressuscités. »

Il s'agit apparemment d'une variante où Raguël et Remiel ne seraient que des variables de Raphaël et Saraqiel une de Séraphiel qui s'y rapporte également.

Il y en a d'autres où Rabbi Ishmaël ajoute Shatqiel et Shahaqiel avec Bakariel et Baradiel sur le même genre de variations et Pazriel qui doit être la variable d'Azraël.

Michaël et Gabriel restent néanmoins toujours présents devant les cinq autres comme devant ceux que le Targum de Jérémie ajoute au Métatron : Uriel avec Jophiel et Jephephia qui font la paire autour du cinquième.

Tout se passe comme si dans le désordre de la nomenclature il n'y en avait que trois auquel s'ajoute un quatrième dont les variations vont jusqu'à sept et qui n'est pas celui qu'on croit puisqu'il reste le dernier des trois – Raphaël – dans le patrimoine romain.

Le premier des quatre – Uriel – précède les deux autres – Michaël et Gabriel – et se retrouve au centre des sept même quand le nombre augmente à neuf avec les ordres dionysiaques de l'aréopagite.

Et c'est à peu près ce que raconte la sourate « al-Kahf » (18) quand le chien des dormants passe du quatrième au huitième en passant par le sixième tout en laissant la porte de l'exégèse ouverte sur un autre nombre – cf. S 18 V 22.

Ce n'est donc pas vers cette exégèse que nous nous orientons en définitive pour le dénombrement des traditions religieuses que nous inscrivons dans le Livre du « Ja'fr » en l'identifiant aux carrés magiques du Carré de quatre dans la demeure du Graal.

Reste l'identité du Métatron qui est assis sur le Trône entre les quatre colonnes du Temple où Uriel occupe la place centrale quand ils sont sept ou neuf et qui reste ici pour la version énochienne le premier d'entre eux à la place de Yaël qui fait référence à « Y.H.W ».

Nous ne pouvons donc pas retenir la leçon qui l'identifie à Mikaël dans cette version où il occupe le centre de ce septénaire étendu sur le quatrième bien qu'il soit à la droite du Seigneur sur notre gauche et que dit-on pour cela : il Lui ressemble.

Mais la ressemblance introduit précisément cette dissemblance atténuée qui est peut-être celle qui persiste également entre le Christ et son didyme désignant par la même la possibilité de la charge royale du Sauveur dans la lieutenance de son vicariat.

Corbin y voit « Ôhrmazd » pour Ahura Mazda qu'il désigne comme le Septième des six qui l'entourent et nous n'avons rien contre ça bien qu'en identifiant son angélologie au judéo-christianisme et à l'ébionisme il élude son « nazaréisme » hébraïque.

Cf. Henry Corbin  Nécessité de l'angélologie  L'heptade archangélique (1977)

   

    

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