Le goût du jasmin
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« Le mystérieux prophète qui tantôt forme [ un ] couple avec le prophète Elie [ en assumant sa nature angélique ] et tantôt lui est identifié [ quand ils sont en symbiose ] – tantôt aussi chez certains shi'ites fut identifié à l'Imâm caché [ qui est alors l'ange de l'Imâm 'Alî ibn Abû Tâlib. ]
« Son rôle dans le soufisme est extraordinaire : de siècle en siècle sa présence transparaît du monde du Mystère – il est le maître personnel de tous ceux qui n'ont ni initiateur ni maître terrestre [ comme il fut celui de Moïse dans la sourate « al-Kahf ». ]
« Un disciple de Khezr [ Khadir ou al-Khidr ] comme Rûzbehân [ ou ] comme ibn 'Arabî [ et ] comme tant d'autres, c'est un soufi qui antérieurement à tout contact avec un maître humain ...
« ... [ ou ] à toute affiliation historique [ ... ] passant par les générations [ ... ] successives reçoit son affiliation directement de celui que reconnurent comme leur maître tous ceux qui [ n'en ont pas eu dans le monde des prophètes (1.000) et des Imâms (100). ]
« L'affiliation [ ou ] l'initiation par Khezr a donc une signification transhistorique de même que par elle la religion mystique échappe à toute socialisation possible ; ...
« ... c'est un événement qui s'accomplit comme un commencement absolu dans le temps psycho-spirituel pur – le temps dans lequel nous voyons le jeune Rûzbehân vivre à l'état visionnaire son expérience initiatique. »
Cf. Henry Corbin – Rûzbehân Baqlî de Shîrâz (1958)
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« Le jeune Rûzbehân ignore encore tout des difficultés théologiques qui se sont accumulées autour du « tawhid » – la profession de foi énonçant la conception monothéiste de l'Islam.
« Il serait encore incapable d'énoncer la différence entre le « tawhid » exotérique – le monothéisme tel que l'entend la religion officiel et légalitaire ...
« ... et le « tawhid » ésotérique – le « théomonisme » [ de Corbin ] tel que [ l'expérimente ] la théosophie du soufisme.
« Et pourtant – parce qu'il a déjà trouvé la voie de son secret personnel : l'âme de son âme – l'expérience décisive va se présenter comme un premier affrontement du redoutable problème. »
Cf. Henry Corbin – Rûzbehân Baqlî de Shirâz (1958)
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Autrement dit Corbin attribue à l'initié et à l'initiateur – celui-là même que Guénon en l'évoquant refuse d'aborder dans des implications qui selon lui le touchent de trop près – la doctrine « théomoniste » d'un « tawhid » inclusif.
Les propos de Corbin démontre ce qu'il ne dit pas et brise le mythe d'une cohabitation sereine entre le shi'isme imamite duodécimain et le tasawwuf islamique : entre le quatorzième et le dix-neuf siècle le « khângâ » de Shirâz et son sanctuaire s'abîment dans le délabrement.
Quant à l'économie cyclique qui selon nous implique l'intervention expresse d'al-Khidr, elle s'exprime dans la date du décès de celui qui fut considéré pour son mysticisme comme l'un des sept « abdâl » – le 15 muharram 606 de l'hégire en 1209.
En l'occurrence le septième « badâl » quand ceux-ci ont en quelque sorte la même valeur qu'un Imâm dans l'économie de leur « sæculum intelligibile » – expliquant sans doute ce que fut la vocation du Point du Bayân au cœur même de son fief en 1844 :
« Il s'agit ici d'une fonction de Salut cosmique. C'est parce que leurs yeux ne se ferment pas [ dans ] leurs regards que notre monde est encore un monde que [ le ] Dieu [ qu'on cherche dans la demeure mystique de l'Amour ] regarde. »
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Le goût du jasmin est celui de l'étoile absinthe dans l'Apocalypse et de l'anis au Puy-en-Velay ou de l'armoise dans le sanctuaire d'Artémis pour le maqâm solaire de Marie.
Rûzbehân et le Point du Bayân ouvrent une voie secondaire dans l'ornière du Sceau des prophètes. A Laïla – Lorelei : une Sagesse pour celui que l'Amour a rendu fou.

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