Le Verbe à la sortie du silence

...

« Il n'y a qu'un seul Dieu manifesté par Jésus Christ  Son fils  qui est Son Verbe sorti du silence. »

Cf. Ignace d'Antioche dans sa lettre aux Magnésiens (VIII 2) cité par Georges Soler (2017)

« Lorsque Justin Martyr – le philosophe chrétien du IIe siècle – écrivait ses deux ouvrages de référence qui permettent de connaître l'avancée de la doctrine à son époque, il n'apparaît pas que le périmètre [ du ] dogme [ de la Sainte Trinité ] ait été arrêté.

« En effet ni dans ses deux Apologies ni dans son Dialogue avec Tryphon, il ne mentionne la [ Sainte ] Trinité comme dogme d'un Dieu unique en trois personne.

« Dans [ son ] Dialogue avec Tryphon ses explications font figure de prémices de ce qui sera définitivement établi [ en 325 au premier concile œcuménique de Nicée par les pères que Soler qualifie abusivement de docteurs ] qui lui succéderont ...

« ... sans toutefois qu'il ne proclame cette unité trine.

« Même [ après 325 ] le grand saint Jérôme [ qui sera l'un des quatre premiers docteurs de l'Eglise latine (1295) avec Ambroise, Augustin et Grégoire ] traducteur, arrangeur et compilateur des évangiles canoniques ...

« ... est dubitatif sur la constitution exacte de la [ Sainte ] Trinité.

« Il hésita et s'adressa au pape Damase (366-384) pour que son autorité spirituelle l'éclaire définitivement et l'affermisse dans ses convictions [ sur le schisme de l'Eglise d'Antioche et sur la tradition syriaque qui prolongeait la tradition hébraïque des ébionites et des nazaréens. ]

« Donc [ à la fin du IVe siècle ] ce dogme faisait [ encore ] débat au sein de la Grande Eglise » [ qu'elle définit à partir de la théologie johannique. ]

Cf. Georges Soler Les métamorphoses de Bacchus Les principaux décrochages théologiques du judaïsme – La Trinité (2017)

Cet éclairage résout en tout cas l'énigme de la représentation des trois docteurs qui disputent comme dans un miroir la Sainte Trinité représentée dans la partie supérieure d'un tableau :

- Saint Augustin à notre gauche est reconnaissable à l'angelot qui tient dans ses mains le cœur flamboyant de la Charité

- Saint Grégoire le Grand au centre du tableau est reconnaissable à la tiare pontificale qui caractérise la fonction cléricale de son magistère

- Saint Ambroise à notre droite n'a pas le signe de reconnaissance qui signale généralement sa présence avec la ruche mellifère de l'ambroisie

Mais il occupe néanmoins une place prépondérante dans cet espace symbolique comme père de l'église conciliaire au Concile de Nicée en nous présentant deux livres :

- un livre fermé comme celui qu'indique l'index gauche de saint Augustin

- un livre ouvert comme celui que saint Grégoire tient sur son genoux droit

Ces dispositions ne sont pas sans significations particulières qui excluent ici saint Jérôme de ce trio d'initiés parmi lesquels ils fut pourtant l'un des quatre docteurs de l'église médiévale.

   

    

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sous les lys

Les Philalèthes persévèrent

Dans le labyrinthe