L'axe de Thyatire
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Les rationalistes après avoir mis en cause l'existence du Christ ont renversé leur proposition initiale en faveur du mythe pour opposer l'histoire à la foi.
Cette opposition justifie à elle seule leur nouvelle théorie en faveur de la primauté de Marc sur l'ensemble de la tradition synoptique des trois premiers évangiles.
Cette théorie ne semble pas leur avoir permis d'identifier les auteurs des deux premiers à Matthias et à Jean l'Ancien pourtant dûment mentionnés par les Actes des apôtres.
La raison pour laquelle le canon aurait inversé l'ordre de leur préséance ne trouve aucune justification puisque cette théorie ne repose en réalité que sur une défiance à l'encontre de cette tradition.
Cette défiance s'est heurtée à un argument logique l'amenant à inventer une source imaginaire (Q) reprenant les éléments communs du premier évangile avec le troisième mais ignorés par le second.
Matthieu et Luc comprendraient par conséquent trois groupes de versets : ceux qu'on retrouvent chez Marc, ceux qui leur sont propres et ceux qu'ils ont en commun (Q).
Cette opération est astucieuse mais ne repose que sur l'existence d'une catégorie (Q) qui n'a jamais pu être démontrée que par la théorie qui la génère.
Et la seule source qui lui ressemble dans la tradition gnostique qui la précède n'a jamais pu lui correspondre dans l'état où ses cent quatorze loggia (114) nous sont parvenues.
Il n'en va pas de même pour le quatrième évangile qui a été sciemment placé entre les deux parts du corpus que celui de Luc forme avec les Actes des apôtres.
Cette façon de procéder est également repérable pour l'épître aux Hébreux qui clôture celles de Paul et pour l'Apocalypse de Jean qui achève le corpus néotestamentaire.
Autrement dit cet évangile achève la série des trois synoptiques en se situant dans un ensemble de textes qui succèdent à ceux qui les précèdent au-delà des Actes des apôtres.
Ces actes datables à partir des épitres de Paul qui les accompagnent se trouvent par conséquent au centre des datations qui vont des années trente jusqu'à la fin du premier siècle de l'ère chrétienne.
Mais le démantèlement de leur origine les place au-delà de cet axe où le récit de Luc passe du témoignage indirecte à sa participation à la prédication paulinienne :
« Quant ils arrivèrent aux confins de la Mysie et de la Bithynie
[ là où se trouve Thyatire ]
l'Esprit du Christ les arrêta. »
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« Au vainqueur [ ... ] Je lui donnerai l'étoile du Matin
Celui qui a des oreilles qu'il entende ce que l'Esprit dit aux églises. »
Actes XVI 7 + Ap II 26 à 28 et 29
[ Le « nous » lucéen apparait au dixième verset du chapitre XVI ]

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