Le pronom divin
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« Puisque l'entité appelé dieu occupe à elle seule une classe entière – il n'y a [ pas ] d'autres dieux [ linguistiquement ] en dehors de lui – il n'est [ donc ] pas besoin de recourir à un nom propre pour le désigner : ...
« ... le nom commun [ qui n'est en l'occurrence que le pronom personnel de l'ipséité ] suffit.
« Néanmoins nous nous trouvons alors face à l'un des paradoxes les plus singuliers issus de l'unicité exclusive du dieu des monothéismes.
« Etant donné que dans le christianisme ou dans l'islam la divinité porte justement le nom de Dieu, il semblerait évident de conclure que ces deux religions dans les faits adorent le même dieu.
« Au contraire – d'un côté comme de l'autre – on ne peut admettre que la divinité appelée « Allâh » – à savoir Dieu pour les musulmans – soit la même que celle que les chrétiens appellent Dieu [ dans l'unité du Saint Esprit ] même s'ils lui donnent effectivement le même nom.
« Et si l'on peut supposer que la conscience de cette [ possibilité de l'identité ] est présente à l'esprit des croyants les plus éclairés ou les plus ouverts, il ne manque toutefois pas d'opinions assez divergentes qui nient que le Dieu chrétien puisse être appelé « Allâh » et vice versa.
« Des témoignages de ce type de controverse continuent d'émerger dans le monde contemporain et les raisons en sont évidentes : ...
« ... le caractère unique et exclusif de la divinité fait que le nom commun qui la désigne assume le statut d'un nom tellement « propre » qu'on ne peut en trouver d'équivalent en dehors de la langue partagée par le groupe qui la vénère. »
[ S'ensuit une note assez longue pour nous en convaincre qui s'achève par cette aporie : « Notre Dieu [ celui des chrétiens ] est un Dieu d'amour [ alors ] que le Dieu des musulmans est un dieu dont ils ont peur parce qu'il juge. »
Dans ce cas on peut considérer que la Prophétie des papes s'achève par l'avènement de ce dieu là : « et Judex tremendus judicabit populum suum » – Raoul Auclair (1969) et Joseph Maître (1901) éludent l'adjectif possessif.
Son pronom est en réalité « Y.H.W » (T4 < T6) qui peut aussi s'orthographier « I.E.U » et que l'arabe prononce « Yâ ! Huwa » – « Allâh » : « Oui ! Lui [ est ] Celui qui est Lui » – « A.M.N » – Le nôtre. Et il n'y en a pas d'autre.
La quatrième lettre du tétragramme hébraïque (H) n'étant en définitive que la tautologie du pronom qu'on retrouve à la fin de la contraction de « al-Ilâh » – le Dieu unique (66 > 36).
Cf. Maurizio Bettini – Eloge du polythéisme. Ce que peuvent nous apprendre les religions antiques – Paradoxes grammaticaux : le nom de Dieu (2016)
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« On se rappelle comment Fabre d'Olivet traduisait [ au début du dix-neuvième siècle ] le nom « ELOHIM » au début de la Genèse : « Lui-les-dieux » – « L'être-des-êtres ». [ Le Lui des dieux qui est celui de Dieu. ]
Cf. Henry Corbin – Le paradoxe du Monothéisme – Le Dieu-Un et les dieux multiples (1981)

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